Adoption au Vietnam - les premières étapes

Mai 2005

C'est en mai 2005, que j'ai décidé de débuter ma démarche d'adoption au Vietnam.  J'avoue que je ne savais par où commencer ni vers qui me tourner pour avoir de l'information.  J'ai discuté de mon intention à des amis et à des connaissances, puis j'ai trouvé le nom et l'adresse d'un organisme (ONG) qui supporte les adoptions internationales pour les américains -  Pearl S. Buck.  Lorsque je les ai visité, on m'a conseillé de me présenter au département de l'adoption internationale (DAI) du Vietnam qui relève du ministère de la justice.  C'est là que j'ai rencontré pour la première fois Mme Kim Anh, qui me parla en français.  J'ai appris que le Canada venait tout juste de conclure une entente avec le Vietnam au sujet de l'adoption, mais que ça prendrait encore plusieurs mois avec qu'elle soit ratifiée et mise en application.  Par contre, elle me disait qu'étant donne que j'habite et travaille au Vietnam depuis plus de 6 mois, je peux adopter sans que l'entente soit finalisée.  Elle m'a informé des documents que je devais me procurer et soumettre, dont une lettre très importante nommé "lettre de non-intervention" du gouvernement canadien. 

J'ai ensuite passé 2 mois à chercher qui au Canada ou au Québec avait l'autorité d'émettre une telle lettre.  Le Haut commissariat de Singapore m'a envoyé des documents sur l'adoption et l'immigration, mais ne répondait pas à mes courriels au sujet de la lettre.  L'ambassade du Canada ne savait pas non plus.  Finalement, l'ambassade a offert d'acheminer ma demande au Canada.  J'ai effectué quelques recherches de mon côté puis j'ai découvert le site du Secrétariat à l'adoption internationale (SAI) du Québec.  Je leur ai envoyé un courriel me disant qu'ils pourraient possiblement émettre une telle lettre.  Un mois plus tard, je l'ai reçu mais le contenu me rendait perplexe car il disait simplement que le SAI ne pouvait pas intervenir dans ma démarche car je n'habite pas au Québec.  Je m'attendais plutôt à une lettre disant que le gouvernement ne s'opposerait pas à ma démarche ni à l'immigration de l'enfant.   Lorsque je l'ai présenté au DAI, ils ne savaient pas si la lettre serait acceptée.  Cela coïncidait avec une visite du SAI au Vietnam en début septembre, et on a pu clarifier que 1 - aucune autre lettre ne pourrait être émise et 2 - que l'adoption internationale n'est pas possible pour moi car je n'habite pas au Québec  Seulement une adoption "domestique" en fonction des lois du Vietnam m'est possible.

Je voulais beaucoup commencer ma démarche en visitant des orphelinats.  J'ai fait des recherches sur Internet qui n'ont pas porté fruits.   J'ai demande à Mme Anh si elle pouvait me fournir une liste mais elle m'a répondu que non, je devrais contacter mon ambassade.  Elle en avait une, mais elle ne voulait pas m'en donner une copie.   Merci quand même!  Je n’ai donc pas réussi à visiter d’orphelinats au début de ma démarche.

J’ai passé plusieurs mois à rassembler les documents demandés dont le rapport médical puis finalement, je me suis présenté au DAI avec tout mon dossier.  Du moins, c’est ce que je croyais!  C'est à ce moment que Mme Anh m'a informé que tous les documents devaient tous être traduits et notariés, et qu'elle ne savait pas après tout si je pourrais adopter.  Découragée, je me suis fâché et je lui ai demandé pourquoi donc je faisais toute cette démarche  Elle ne le savait pas et ne pouvait m'aider.  De plus, elle m'informait que mon attestation de casier judiciaire devait être effectuée il y a moins de 6 mois, qu'il me fallait un permis d'adoption et un examen psychologique.  Elle me donna une liste de documents à fournir mais elle l'avait seulement en vietnamien.  Je lui demanda alors pourquoi elle ne me l'avait pas remis il y a 3 mois!  J'étais découragé.  Et tout ça, sans savoir si je pourrais adopter.  J'ai contacté l'ambassade qui m'a recommandé de rencontrer ensemble le directeur, M. Long.   Et ce fut une bonne chose car il m'assura que l’adoption était possible pour moi.  Je décida donc de continuer dans ma démarche  J'ai ensuite trouvé une psychologue qui était d'accord pour faire l'évaluation psychosociale, mais ni elle, ni Mme Anh, ne pouvait me dire quel devait être le contenu.  J'ai fait des recherches et j'étais heureux de trouver sur le site du SAI un guide pour l'évaluation psychosociale que j'ai validé avec le DAI et remis à la psychologue.

J'ai demandé une attestation de travail à mon patron, et à ma grande surprise, il a refusé.  J’étais abattu!  Il ne voulait pas se mêler dans les affaires personnelles des volontaires, et il croit que l’adoption pourrait impliquer le CECI.  J'étais complètement en désaccord car la lettre devait simplement mentionner la date d'entrée en poste, type de travail, date de fin, salaire, etc.  Finalement, j'ai acheminé ma demande au bureau chef à Montréal mais là encore, cela a pris un mois avant de la recevoir.  Les semaines et les mois passaient vites!  Ensuite, il me fallait une attestation de casier judiciaire, et M. Long m'informa que celle que j'avais qui datait de plus de 1 an était acceptable.  Je devais la faire traduire et notarier.  Je me suis donc rendu à un bureau gouvernemental qui offre ce service, seulement pour apprendre qu'il me fallait l'original, et non pas la copie que je détenais.  J'ai donc dû contacter le CECI à nouveau, et leur demander de me l'envoyer.   Encore un mois d'attente...

Mais M. Long m'avait aussi dit que je devais me procurer une attestation de casier judiciaire du Vietnam émise par le bureau de police provincial de Thanh Hoa.  Quel paquet de trouble!  Personne ne semblait savoir ou me guider.  J'ai pensé me rendre au bureau de police de mon district et voir s'ils pourraient m'aider, au moins acheminer ma demande au niveau provincial.  Ils me demandaient de soumettre une demande par écrit, chose que j'ai fait.  Deux semaines plus tard, on m'informa qu'ils ne pouvaient rien faire pour m'aider et me disaient de me rendre à Thanh Hoa.  J’ai donc pris l’autobus, adresse en main.  Une fois sur place, personne ne savait quoi faire, et on m'envoya au bureau du Ministère de la justice mais je me rappelait bien que M. Long m'avait dit que ce serait le bureau de police qui émettrait l'attestation.  Finalement, j'ai demande à M. Long d'intervenir, et il m’informa que je devais soumettre une demande au Ministère de la justice qui se chargerait de faire suivre la requête.  Par contre, il me fallait une lettre du bureau de police de Ba Thuoc disant pour qui je travaillais, et que je n'avais pas  commis de crime.  Mais le bureau ne voulait pas émettre une telle lettre!  Finalement, il en a émis une différente, que j'ai apportée à Thanh Hoa.  Avec l'aide de Huyen, j'ai complété le formulaire pour faire la demande, et tout semblait bien.  Mais non.  Je reçu un appel quelques jours plus tard me disant qu’il manquait une feuille d'immigration, qu’on m’avais remis lors de mon entrée au pays (Dieu merci!), que j'ai dû photocopier et faire notarier à Ba Thuoc puis retourner à Thanh Hoa - 4 h de bus encore -.  Fini?   Non!   Après tout ça, le bureau de Thanh Hoa me m’informa qu’ils étaient pour prendre un mois pour seulement me dire si oui ou non ils pourraient m'émettre une attestation !  Pour vraiment recevoir le document, ça pourrait prendre jusqu'à 5 mois!  J'ai donc demandé à Huyen d'agir en temps qu'intermédiaire, puis elle m'est revenu en me disant que si je payais un pot au vin de 70 US$, je pourrais recevoir le document en 20 jours.   Épuisé, j'ai bien sûr acquiescé.   3 semaines plus tard, je recevais effectivement et finalement le dit document.

Mardi le 13 décembre 2005, je soumettais mon dossier au DAI avec tous les documents qu’ils m'avaient été demandés.  8 mois d'essais erreurs, et ouf, quel soulagement.  Nous pouvions ainsi passer à la prochaine étape: l'identification d'un enfant.  M. Long me recommanda de me rendre à Saigon car il connaissait bien le directeur de l'orphelinat Tam Binh qui avait des garçons de 2-3 ans.  Je lui ai donc demandé de prendre rendez-vous pour moi pour le vendredi de cette même semaine!   Je me rendis donc rapidement pour acheter mon billet d'avion, pour ensuite retourner à Ba Thuoc et faire mes bagages.  J'ai tenté à quelques reprises de contacter le directeur de l’orphelinat, M. Trung, par téléphone afin de confirmer mon rendez-vous, mais il n'était pas sympathique du tout.  Quand même, jeudi le 15 décembre, je prenais l’avion pour Saigon, espérant finalement un rendez-vous le lendemain avec mon future fils…