Du 5 au 9 décembre 2007
Voyage au coeur du Sahel
Le 5 décembre 2007, un 4 x 4 arriva à ma porte pour me prendre avec mes baguages. Mais il me fallait donner des instructions à ma bonne pour le ménage, puis filer à l’école pour porter Rémi à vélo. 8h10 et je suis finalement prêt, note détaillée pour Ludovic sur le comptoir car il aura la grande responsabilité de s’occuper de Rémi et Roxy en mon absence. Un, deux, trois – go! Et c’est parti, notre aventure vers le Sahel commence une fois dans le véhicule, la porte claquée et le nuage de poussière laissé sur notre passage. Notre chauffeur, nommé Issaka, se rend ensuite pour prendre Antoine et Géraldine qui habitent pas très loin. Ensuite on file au centre-ville pour rejoindre la famille René, on place tous les baguages puis on se lance sur la route vers le nord, direction Dori.
La route est pavée, en ligne toute droite sur l’horizon, avec des deux côtés un paysage sec d’herbes jaunes, broussailles, arbustes et petits arbres. Le voyage se fait bien, et après environ deux heures on arrête à Bani où une grande mosquée fait de banco (terre mélangée avec foin) se dresse derrière le village. Alors hop, on est sorti pour un petite balade autour du monument, à rencontrer aussi le gens de la place qui gravitent lorsque les touristes arrivent. Ils sortent leur maigres petits articles d’artisanat sur un linge – calebasse peinturée, articles fait avec des herbes tressées… mais rien de très attirant. Les enfants qui nous entourent sont minces, sales et parfois avec un gros ventre. C’est dur de les voir ainsi avec si peu et savoir qu’on ne peut « rien » y faire, au moins pas de manière durable. Doit-on leur donner de l’argent et les encourager à en demander aux touristes? Nous sommes entrés dans la mosquée qui tenait debout avec une multitude de colonnes en arche, très sombre. Ce n’était pas un grand hall ouvert comme on pourrait s’attendre à retrouver dans un lieu de prière (église, temple bouddhiste). La mosquée en couleur terre s’intègre bien au paysage et on a donc donné cœur joie à plusieurs prises de photos.
Une fois notre visite terminée, les batteries de mon appareil photo m’ont lâché et la lentille était restée ouverte. Merde! Cela arrive toujours! Je suis retourné au véhicule rapidement pour trouver mes nouvelles batteries qui, bien sûr, se trouvaient dans un sac sur le toit du 4 x 4. J’ai tenté de le descendre mais j’ai plutôt fait gaffe et échappé mon appareil dans le sable. Quand je l’ai récupéré, j’ai vite remarqué que des grains s’étaient logés dans la lentille. J’ai tenté de souffler pour les enlever, mais je les ai plutôt poussés à l’intérieur. Résultat – mon appareil ne se ferme plus et s’éteint automatiquement. Bon début de voyage, sans appareil photo. J’étais enragé d’avoir été si négligent, mais je me suis résigné à me plus avoir mon compagnon de voyage avec moi. Nous nous sommes arrêtés un peu plus loin à Dori pour le lunch vers 14h00. On avait tous une faim de loup et étions bien content de s’asseoir à un petit resto. Nous avons commandé du spagat et des frites (choix safe pour éviter diarrhée) et sur ce, le staff du resto est parti au marché faire les commissions! De retour un peu plus tard, ils ont préparé nos plats (coupé toutes les patates!) et plus d’une heure après, nous avons pu manger! Vers 16h00 nous avons repris la route pour finalement atteindre notre destination à la porte du Sahel – Gorom Gorom!
Le campement Rissa avec toute la famille étaient présents pour nous accueillir. Le père nous a tout de suite séduit par sa gentillesse et chaleur et nous avons appris à reconnaître son esprit d’entrepreneur bien développé et sa capacité de bien saisir les besoins des touristes. Le campement a été détruit cet été suite aux inondations qui ont fait la manchette de nouvelles internationales. Ici et concrètement, cela voulait dire qu’il avait tout perdu, tous les bungalows, frigo, équipement, etc. Il en restait un, rond dans le style local avec deux lit et la famille René s’y est installé. Le jour même, ils avaient fait une genre de tente fait des branches tressées avec deux lits où Antoine, Géraldine et moi avons couché. Le souper fut un cous-cous au mouton et fut délicieux. Pif, paf – tout le monde était un peu fatigué du voyage donc on se coucha tôt.
Le lendemain, réveil matinal avec thé, café, pain et confiture puis découverte des lieux. Notre aventure commençait ici car on devait se rendre à une colline vers 8h00 afin de voir arriver les caravanes de chameaux qui se dirigeraient vers le marché du jeudi. Une fois sur place, je fut un peu surpris de voir la colline comme étant plutôt un gros tas de roches tombé du ciel, face à des plaines à l’infini sèches avec petits arbres. Je m’étais imaginé des dunes de sables, à voir les caravanes descendre, comme dans notre imaginaire du désert. Quelques charrues pleines de gens tirées par des ânes passèrent sous notre nez, mais aucun chameau. On décida alors de se rendre au marché et là on les trouva, ces animaux si majestueux et mystérieux et wow, ce fut trop cool, comme le prouve ma première photo à côté d’un chameau! Le marché de Gorom-Gorom dont on avait tant entendu parler fut un peu décevant. Oui, les gens portaient souvent des vêtements colorés et uniques pour leur ethnie de Peuls et Touareg. Mais on n’a pas trouvé grand chose à acheter en termes d’artisanat.
Nous avons diné avec salade, patates sucrées frites et melon d’eau puis en fin d’après-midi nous avons pris la route vers notre destination no 2 – Oursi. Tout le circuit était organisé et sous la tutelle de la famille Rissa donc père et fils nous ont suivis là-bas. Paysage sèche et campement avec une seule bâtisse ronde et toilette sèche à l’arrière. Spagat sauce légume pour souper avec quelques conseils de Benoit afin que les nouilles ne soient pas trop cuites, comme c’est toujours le cas au Burkina. Régal bien sûr, puis on a relaxé autour d’un feu de camp. À notre arrivée, nous avons participé à installer des bases de lits fait de branches avec matelas sous le grand ciel et nous avons donc dormi à la belle étoile! Levé tôt le lendemain après une nuit assez fraîche, et quel bonheur que « d’avoir froid » et porter un chandail à manche longue et même un manteau! Mais les matinées se réchauffent vite et les pelures de linge s’enlèvent une après l’autre assez rapidement. Sur le programme – visite au petit musée d’Ourse perdu dans la brousse (aucun village à proximité) avec fouille archéologique découvertes, présentées et commentées par un guide. Ensuite on se dirigea vers la marre où on dit pouvoir observer des tas d’oiseaux rares mais on a plutôt vu des centaines de bétails sur le rivage.

Puis vint un des moments forts du voyage – visite aux dunes de sable! Et oui, on trouva quelques grandes dunes de sables qui ne sortent d’on ne sait où, et on les a escaladées, descendues et bien sûr, nous avons pris des tonnes de photos pour immortaliser ces moments. Et hop, retour au campement, lunch puis départ en fin de journée vers la destination no 3 et finale – Gandefabou, encore plus au nord! Encore des paysages très sec, peu de maison ou de signe de vie sur le chemin, des chèvres qui courent ici et là à manger l’herbe jaune. Puis à un moment donné, un paysage avec de grandes roches qui ont tous l’air d’être tombées du ciel et placées par des géants. Moment Kodak assuré. Puis en fin de journée on arrive à Gandefabou, une grande plaine semi-désertique très sèche avec des tentes rondes faites de nattes tressées. Chacun a sa tente et on s’installe donc allègrement. Souper au poulet qui surprend tout le monde, moi-même inclus, car il y a de la viande tendre! Un délice encore une fois. Feu de camp pour nous relaxer encore plus et nous mettre dans le mood de notre aventure au Sahel, puis dodo assez tôt.

Le lendemain matin, c’est le grand moment attendu, le summum de notre voyage – la randonnée de chameaux! Ils sont tous là à nous attendre et on n’hésite pas à les prendre en photos, toutefois avec un peu de gêne face à ces grandes bêtes silencieuses qui nous regarde d’un œil méfiant. Puis les guides arrivent, et c’est le temps de monter! Il semble toujours falloir deux personnes pour tenir et la tête du chameaux au ras le sol, et son corps afin qu’on puisse le monter. Et il lâche de grand cris, comme si pour lui c’était la grande soumission d’un esclave à son maître, nous minables touristes peureux! On a tous très bien fait ça, même les deux enfants de 6 et 9 ans qui on eu leur propre chameau. Ce n’était pas une simple balade d’une heure mais une vraie mission – nous devions nous diriger vers Déo afin de rejoindre le marché du samedi. Départ donc en caravane vers 9h00 avec soleil qui commençait déjà à taper assez fort. Peu à peu, chacun à commencé à se sentir plus à l’aise avec les bêtes et à prendre plaisir à cette aventure unique. Nous devions faire attention pour éviter les arbres avec d’énormes épines et tenter, sans succès toutefois, de faire avancer nos chameaux un peu plus vite. Un expert peu les faire aller très vite, mais notre guide insistait pour le beat le plus lent du monde. 16 km et 3 h plus tard, tous sous le choc du soleil, on arriva finalement à Déo. J’étais clairement sous un délire et tout ce que je voulais, c’était de manger un melon d’eau (appelé pastèque ici). On en a trouvé une belle puis on s’est régalé et peu à peu, j’ai senti mes énergies mes revenir. Nous sommes ensuite allé au marché, encore une fois frappant par la présence des ethnies qui jusqu’à maintenant nous étaient étrangères, aux couleurs mais aussi aux chinoiseries cheap, plastiques et autres cochonneries. Aucun artisanat sur place. Dieux merci, le retour vers le campement fut par 4 x 4 et ils avaient prévu un beau picnic sur rochers à l’ombre. Sandwich et salade, léger comme on leur avait demandé. Quelle vue imprenable et quel beau moment!
Retour au campement en fin d’après-midi, épuisé par l’insolation mais une douche avec seau et eau fraîche nous fit tous un grand bien. Pour le dernier souper, grand méchoui à l’agneau donc repas de carnivores avec cous-cous aux légumes. Encore une fois, un festin. Fin de soirée assez tôt, feu de camp puis grand dodo sous la tente. Le lendemain matin, une fois tous les baguages placés sur le 4 x 4, ce fut le moment du grand départ vers Ouaga à 8h00. Une heure pour atteindre Oursi, une autre pour rejoindre Gorom-Gorom, un autre pour Dori, puis ensuite on a filé 3h avant d’arriver « en ville » et à la maison. Un grand voyage inoubliable, une belle aventure à garder en souvenir. Merci à tous les amis pour leur amitié et leur compagnie au cours de ce voyage. Et merci aussi à la famille Rissa. Bravo pour cette aventure réussie au cœur du Sahel!